
« …Malgré le peu d’intérêt que je porte à la ville, je sors encore ce mercredi matin, un peu pour me désennuyer et surtout pour chercher mon paquet de cigarettes. Je rencontre un camarade de l’aviation : Darricau. Je rentre aussitôt.
Après déjeuner, je vais me promener sur la route en corniche qui mène à Mers-El-Kébir. Elle est jolie cette route, et sauvage. Je passe devant le port militaire et les bâtiments de la Marine. La route monte dur. Finalement, je ne vois plus personne et je pense à ce qu’on nous avait conseillé : ne pas sortir seul, surtout la nuit.
Mais qu’importe. Je surplombe la mer de très haut. Je suis venu par là dans l’espoir de me baigner. Mais il ne faut pas y compter : l’eau est sale et il n’y a pas de plage.
Je n’ai pas le temps d’aller jusqu’à Mers-El-Kébir, c’est trop loin. Je m’assois sur le toit d’une maison. Le fort, tout la haut, me surplombe de je ne sais quelle hauteur. En bas, on travaille dur. Des coups de mine se succèdent et font même trembler la maison où je suis assis. De nombreux cars passent sur la route. Le chemin est long et je reviens au bateau. Au dîner, j’ai une faim de loup. Après le repas, je monte en ville avec la jeune fille qui mange en face de moi. Ça se fait sans histoires. Je me couche assez tard… »