
Dans le train, nous sommes restés deux ou trois jours.
Et ce pain-là a été apprécié par tout le monde pendant le trajet parce que c’était la seule nourriture que nous possédions.
Un détail que je vais raconter : nous ne mangions pas … mais le besoin de … faire sortir … quand même … se faisait sentir. Celui qui avait des journaux commençait à faire sur les journaux et les jetaient dehors. Les allemands voyant ça nous ont finalement arrêtés en plein champ, en pleine campagne. Alors tout le monde est descendu et, sur la voie ferrée, on a fait nos besoins en face de tout le monde ; c’était presque une obligation.
Arrivés à la gare de Cologne, on a fait arrêter le train pour nous montrer aux civils allemands qui venaient nous voir. Les femmes, quelques-unes avec des couteaux de boucher, nous faisaient signe. Et celui qui avait le malheur de pencher la tête hors de la fenêtre, on lui chipait son képi ; parce que le képi, c’était un trophée pour eux…