





Edouard est maintenant aux Etats Unis d’Amérique !
Sa formation de pilote de chasse, a sein du C.F.P.N.A., va durer jusqu’en 1945. Ce fut certainement une période exaltante.
Pour Patrice LAVERDET
« Les « Frenchies » fraîchement débarqués vont vite faire connaissance avec un pays indemne des blessures et des privations de la guerre et apprécier l ‘impressionnante force de la machine de guerre américaine. Des bases aériennes sont sorties de terre en quelques mois, des milliers d’appareils d’entrainement robustes et fiables sont produits par les usines d’aviation. Une logistique impressionnante dédiée à l’effort de guerre, tant par la souscription de « War Bonds » que par les moyens mis en oeuvre au titre de la formation des pilotes et des autres spécialistes.«
« L’adaptation à l’ « American way of life », la pratique d’une langue jusqu’alors inconnue pour bon nombre d’entre eux et les règles particulières américaines de production de « pilotes standards » où le surdoué n’est pas plus estimé que le pilote moyen ne sont pas là pour contenter un esprit latin…Les désillusions sont aussi nombreuses que les efforts produits par ces hommes. Mais les règles sont faites pour être respectées. Les drames sont aussi présents … »
« Après deux jours et deux nuits de train arrivée au « Student Pool » de Selma (Alabama), pour une période d’acclimatation de quatre semaines: Formalités remise du « paquetage », tests médicaux et physiques d’aptitude, initiation aux règles et usages pratiqués sur le territoire Américain. »
Edouard va ensuite passer par toutes les étapes :
– Elementary training à Tuscaloosa
« Instruction en vol jusqu’au premier laché en solo. Première importante sélection qui élimine 40 % des effectifs qui sont alors dirigés vers d’autres spécialisations en Transition Schools. »
« Les French Cadets sont transférés à Tuscaloosa, petite ville de l’Alabama, et rejoignent le petit aéroport de Van De Graaff Field. La visite de la ville leur apprend la ségrégation toujours présente dans les états du Sud et les règles en vigueur ne leur permettent que de fréquenter les lieux pour « White only ».
« Découverte de la base, un alignement impressionnant de Boeing PT-17 (Stearman) gris argentés, prise de contact avec les instructeurs. Chaque cadet sera affecté à un moniteur qu’il gardera pendant les 2 mois de stage. Tous les instructeurs sont des pilotes civils chevronnés. »
« Selon les règles « rules », les pilotes doivent être lâchés en solo à partir de 9 heures de vol (10 à 12 heures en moyenne, jamais plus de 15 heures éliminatoires). Ce jour là, l’instructeur choisit un terrain de dégagement, sort du cockpit et lance : « It’s all yours, go ahead !. » » Il est tout à vous, allez-y !. Le soir du « lâché » le roi n’est pas leur cousin !… Les premiers accidents mortels surviennent (décrochage, perte de connaissance, vrille à plat…). »
« Tours de piste, première initiation à la voltige, le Boeing PT-17 est un biplan rustique qui pardonne beaucoup d’erreurs. Malgré tout 32 % d’entre-eux seront éliminés (un pourcentage inférieur à la moyenne de l’Army Air Force) et réorientés vers d’autres disciplines. »
Nota : Edouard sera formé sur BOEING PT-17 « Stearman » et FAIRCHILD PT-19 « Cornell »