Alexandre, La grande évasion (16)

Nous étions tous les deux ensemble. On voyait sur le pont également, un gros monsieur, un gros. Grand et gros, avec un sous-lieutenant français à côté de lui et qui de temps en temps nous regardait, nous entendait causer français.

Finalement il vient vers nous et nous demande qui nous étions et où nous allions. Alors on lui montre nos passeports qui nous avaient été délivrés en Hollande, disant que nous étions des prisonniers français évadés d’Allemagne. Alors là, il commence à nous féliciter d’abord et puis il nous montre également son passeport à lui : Herriot, sénateur, maire de Lyon.

J’avais bien entendu causer d’Herriot, je savais que c’était le maire de Lyon, mais je ne l’avais jamais vu comme ça. Et là alors, il reste avec nous bavarder pendant toute la traversée, nous demandant des nouvelles de Hollande, d’Allemagne, et puis des nouvelles de notre évasion, ainsi de suite.

Et en partant, en arrivant à Boulogne, il nous donne chacun dix francs. Le petit sous-lieutenant français nous donne également. Ce qui nous donnait à chacun vingt francs. C’est pas beaucoup, si on considère l’argent de maintenant, mais à ce moment-là, vingt francs, c’était une assez grosse somme…

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