Alexandre, La grande évasion (4)

Nous sommes arrivés la nuit dans une gare qu’on appelait Wesel.

On nous a conduit à pied dans une plaine. Plaine qu’on appelait le camp de Friedrichsfeld. Là, on nous a mis pendant la nuit dans un emplacement ; on nous disait :

– Là, c’est votre baraque.

Mais il n’y avait pas de baraques du tout ! L’emplacement y était, mais il n’y avait pas de baraques !

Nous avons cantonné là. On avait froid le matin, bien entendu. Et le matin, on a vu des charretées de planches arriver. C’était pour faire nos baraques : on nous a donné des planches et on nous a dit de faire nos baraques. Nous avons fait nos baraques nous-même avec les planches.

Comme il pleuvait et que c’était un terrain très plat, il y avait plein de boue. Il a fallu faire des rigoles tout autour des baraques, et jeter la terre de ces rigoles-là dans un endroit pour surélever le passage entre les baraques de façon à ce qu’on puisse marcher sur une espèce de hauteur pour que la pluie, quand elle tombait, puisse descendre dans les rigoles.

Et comme c’était toujours mouillé, on avait froid aux pieds. Alors, on découpait les planches qu’on nous amenait et on faisait des patins. Des patins en bois qu’on mettait sous nos souliers, et qu’on attachait de notre mieux avec les courroies des sacs que quelques-uns d’entre nous avions pu garder. Presque tout le monde avait des patins sous ses souliers.

On avait même composé une chanson sur les patins qu’on appelait : « La valse des patins » .

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