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L’escadron de reconnaissance 1/33 « Belfort », est officiellement créé le 1er janvier 1945 mais dispose de traditions remontant à la Première Guerre mondiale.
Le 1er janvier 1945, conséquence d’une réorganisation de l’aviation de reconnaissance française, l’une des deux escadrilles composant le groupe de reconnaissance II/33, la SAL 33 « Hache d’A. Bordage », devient le groupe de reconnaissance I/33, baptisé « Belfort » par le haut commandement français en hommage à la « Cité des Trois Sièges » qui vient d’être libérée.
L’escadrille SAL 6 « Mouette du Rhin » forme à elle seule le groupe de reconnaissance II/33 « Savoie » (groupe qui, avec le GR I/33 « Belfort », constitue la 33e escadre de reconnaissance recréée à cette date).
Tandis que l’escadrille effectue ses premières missions au-dessus du Reich, la situation du GR I/33 « Belfort » est difficile : les effectifs ne sont en effet pas complets et les moyens en matériel sont des plus modestes (son parc consiste en sept Lockheed P-38 Lightning à bout de potentiel d’ailleurs). Les missions continuent cependant, en dépit de la neige et du froid très vif.
« Nos mécaniciens passent leurs journées sous cette tourmente, travaillant malgré ce froid hostile. Le thermomètre accuse – 25°. Il faut mettre les moteurs en route. Or nous ne disposons ni d’insufflateur d’air chaud, ni de réchauffeuse d’huile, ni de groupe électrogène de secours… » lit-on dans les archives de l’escadron pour janvier 1945.
Le 5 avril, le « Belfort » se pose à Colmar où la 33e escadre de reconnaissance regroupe ses deux groupes respectivement équipés de Lockheed P-38 Lightning pour le GR I/33 et de North American P-51 Mustang pour le GR II/33.
Cette période met un terme aux attaches américaines du groupe : le GR I/33 dépend en effet exclusivement du 1er corps aérien français constitué en novembre 1944 pour appuyer la 1re armée dans la campagne d’Allemagne. C’est à Colmar que le groupe reçoit une trentaine de Lockheed P-38 Lightning, dotation qui améliore notablement la situation.
En septembre 1945, le GR I/33 « Belfort » s’installe à Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne. Au programme : des détachements effectués en Indochine, des missions d’instruction et des manœuvres interalliées. Rapatrié en France en 1950, le groupe s’installe à Cognac où est créée en son sein une seconde escadrille qui, équipée de bimoteurs Dassault MD 315 Flamant, est destinée à la transformation des personnels des escadrilles d’outre-mer. Parvenus à bout de potentiel, les Lockheed P-38 Lightning du groupe effectuent en juillet 1952 leur dernier vol. Cédés par les États-Unis dans le cadre de l’OTAN, les premiers Republic F-84G Thunderjet font leur apparition au « Belfort » quelques semaines plus tard, le 29 août. Les entraînements sur cet appareil débutent à la mi-septembre et le « Belfort » peut participer à la fin de l’année à Cazaux à sa première campagne de tir sur avion à réaction. L’adaptation à ce nouvel appareil ne va toutefois pas sans poser des difficultés : le 20 décembre 1953, à son retour de campagne, l’une des machines du groupe est accidentée à l’atterrissage, train fauché...
…Le 1er septembre 2010, quelques semaines après la dissolution de l’unité organisée sur la base aérienne 112 le 24 juin, de l’escadron de reconnaissance 1/33 Belfort (le 24 juin 2010), l’escadron d’expérimentation de drones 1/33 Adour (créé le 1er mars 1996 sous le nom de l’équipe de marque drones 29/664) devient l’escadron de drones 1/33 Belfort. Il permet ainsi de perpétuer une tradition de reconnaissance, de surveillance et d’appui aux renseignements qui date du 2 octobre 1914…