
Dans le bois, vers midi – c’était une journée où il pleuvait à verse – notre groupe n’avait pas fait d’abris pour manger à midi. Les autres, l’autre groupe, qui était à côté de nous avait fait un abri avec des branchages. Ils avaient allumé un feu. Au moment de manger, la sentinelle qui nous gardait est allée se chauffer et puis blaguer avec son camarade qui était dans l’autre camp.
Et pendant ce temps-là, nous – tous les quatre – on s’est carapatés à quatre pattes jusqu’au bois, jusqu’au grand bois, jusqu’à ce que nous soyons cachés. Et de là, nous avons fait peut – être quatre ou cinq cents mètres ensemble tous les quatre et on s’est divisé en deux groupe : deux d’un côté, deux de l’autre. Chacun se débrouillera comme il pourra.
Nous deux, nous sommes partis – au lieu d’aller à l’Ouest comme on devait aller, nous sommes allés directement à l’Est et nous nous sommes cachés sous des branches de chêne et de petit bois qui avaient un ou deux ans de pousse, et qui étaient touffus. On pouvait se cacher sous ces branches. Nous sommes restés là jusqu’à la nuit.
Toute l’après-midi, on entendait des coups de feu dans le bois. Ils étaient à notre recherche et quand ils arrivaient dans un fourré, ils tiraient des coups de revolver dedans, ou des coups de fusil ; tant pis si nous étions là, il fallait sortir… mais ils ne sont pas venus jusqu’à nous.
Le soir, vers onze heures, quand la nuit était tombée, nous sommes partis…