Alexandre, La grande évasion (14)

Mais comme nous causions français, il y a un rédacteur du journal « Le télégraphe de Hollande » qui vient vers nous et nous demande qui nous étions et où nous allions. On a dit que nous étions des prisonniers français évadés. Alors là, il nous a pris, il nous a conduit dans un grand hôtel de Rotterdam, manger avec lui. Nous étions là parmi beaucoup de journalistes. Nous, nous étions comme deux pouilleux puisque nous avions nos effets d’évasion qui étaient tout déchirés, tout crasseux, même. Mais pendant le repas, il nous questionnait de temps en temps sur notre évasion et sur ce qui se passait en Allemagne.

Et le lendemain sur le « Télégraphe » on a vu un article sur deux colonnes où l’on voyait de temps en temps notre nom dessus. On a pris le journal, on l’a emmené en France ; puisque c’était écrit en hollandais, on ne savait pas ce qui était écrit ; mais ce devait être un article élogieux sans doute parce que je l’avais montré en France à quelqu’un qui savait le hollandais et il disait que c’était un article élogieux à notre égard.

Nous sommes restés en Hollande, à Rotterdam deux ou trois jours ; parce que nous avions décidé, tous les quatre, quand nous sommes partis de la forêt, qu’il fallait qu’on s’attende en Hollande pour partir ensemble en France. Nous avons dit ça au consulat qu’il y avait deux camarades qui étaient partis comme nous et que nous voulions rester les attendre ici pendant un jour ou deux. On nous a permis de rester et pour cela on nous a donné à chacun cinq florins par jour pour nous promener dans Rotterdam et nous étions nourris dans un hôtel.

Mais au bout de deux ou trois jours, voyant que les autres n’arrivaient pas, on a bien compris qu’ils étaient arrêtés. Alors on nous a conduit à Vlessing (Nota : Vissingen) pour prendre le bateau pour aller en Angleterre…

Retour en haut