
Je suis resté au camp jusqu’au mois de mai 1915.
Au mois de mai, je suis allé travailler dans une corvée de bûcherons pour écorcer le bois de chêne qu’ils employaient pour faire le tanin ; dans un bois du côté de Xanten, au bord du Rhin. Et là, je suis resté jusqu’au mois de juillet pendant que la sève continuait à circuler dans le bois de chêne pour qu’on puisse l’écorcer convenablement.
Après je suis allé travailler dans les fermes. Dans les fermes, on était assez bien nourris et même bien vus des habitants parce qu’ils appréciaient beaucoup notre travail. Et je crois même que les bretons étaient assez bien accueillis. Nous sommes restés dans ces fermes-là pendant presque tout l’hiver (Nota : Hiver 1915 – 1916).
On était relativement bien. On venait à la baraque tous les samedi soir, pour passer le dimanche et pour recevoir les lettres s’il y en avait…