
« …Nous voilà dans l’Atlantique. L’eau a changé de couleur. Elle était bleue en Méditerranée, elle est verte maintenant.
Il fait relativement beau et la côte du Maroc espagnol se déroule à notre gauche. Elle est beaucoup plus plate qu’en Méditerranée, plus verte également.
Actuellement, nous sommes à la hauteur d’une petite ville toute blanche qui se détache sur un fond vert. Ce sont des maisons marocaines du type oriental, je crois. De temps en temps on voit une maison, point blanc sur un fond toujours verdâtre.
« Dring » : Voilà la cloche du 2ème service qui m’appelle à table. Après dîner, je fais un tour sur le pont. Il fait déjà nuit et le temps s’annonce mauvais. Je m’en réjouis, je voudrais vivre une tempête en mer.
L’horizon est tout chargé devant nous et est strié d’éclairs. Une ville sur le rivage clignote de ses nombreuses lumières. Ici, pas de défense passive. C’est joli à voir. Un phare balaie la mer de ses deux longs pinceaux et semble protéger la ville des assauts de la mer.
Je descends faire un bridge pour remonter vers 11 h 1/2 sur le pont à l’avant avec un homme d’équipage.
Il fait toujours des éclairs mais la tempête ne vient pas. On « remue » pas mal cependant ; la pointe avant du bateau, où nous sommes, se rapproche terriblement de l’eau. Un phénomène particulier de phosphorescence persiste à l’avant où l’étrave fend la mer. C’est du au sel de la mer, m’explique le marin. C’est tout à fait curieux.
Le marin me parle de sa vie actuelle : il est marié et a deux enfants et en a assez de cette vie qui pourtant lui plaît. Naturellement, on parle aussi de la guerre.
Le nuit se fait noire et je m’en vais me coucher… »