
![Le Tacoma en feu : https://www.facebook.com/photo/?fbid=2551950244861657&set=a.130928710297168&__cft__[0]=AZUhVkV_YYO50lmsd8Lxhh6_ZjBFecWv8Zl8eYetjHJoe75k2BSyqtrdCKVtjOXe6wkzYwXVOfW3gP9Jf9hU09tE9ia3j6vclOgXGanonkLC0fA7YSSHxrZl8NfO4Ey0sLpVB2B0sxGBvv8KTjFaiB2O3Qj78gWY_NhPtNFzg9QTGQ&__tn__=EH-R](https://droles-de-guerres.fr/wp-content/uploads/2024/10/72465142_2551950254861656_5760054088901328896_n.png)



« …Tout le monde se lève de bonne heure ce matin. A peine sur le pont, je découvre une petite île rocheuse, nous approchons.
Nous avons dû tourner de cap car le soleil ne se lève pas à gauche. Une autre île apparaît ; elle est habitée. C’est Gorée, me dit-on. Que papa eut été content à ma place. L’île est petite, un peu surélevée du côté de la mer. Je croyais à un îlot rocheux élevé et hérissé de défenses. J’y vois seulement une pauvre tourelle et un canon. Mais là où est l’intérêt : il y en a peut-être d’autres !
Entre Gorée et la première île s’enfonce une baie où l’on se baigne, paraît-il. On voit des maisons au fond. On voit aussi de gros poissons sauter hors de l’eau. Des raies sans doute, chassées par de gros poissons font de curieux bonds planés à 1m de l’eau. Je prends une photo de Gorée. Je ne sais pas ce que ça rendra car il y a pas mal des brume.
Nous allons entrer dans le port. Une coupure dans la ligne des bouées flottantes, et puis le mouilleur de câbles, puis nous. De petites vedettes accostent chaque bateau et quelques personnes montent à bord. Nous passons près d’un bateau échoué près de Gorée pendant l’attaque anglaise. C’est le « Tacoma », paraît-il. Dans la brume, on aperçoit maintenant les maisons de Dakar. Nous approchons toujours et venons accoster près du « Richelieu » et je ne peux m’empêcher d’admirer la ligne magnifique et la puissance de ce bateau.
Le port est plein d’autres bateaux de guerre également. Après la manoeuvre d’accostage, tous les passagers sont du côté du quai. Il y a peu de monde sur le quai. Pourtant, certains se reconnaissent. Mari sur le quai, femme sur le bateau, militaires qui se retrouvent etc…
Près de moi, une jeune femme parle avec un homme qui est à quai. la conversation est pleine d’ardeur. « C’est mon mari » dit la femme. Derrière elle se tient l’officier radio dans la cabine Duquel elle était toujours fourrée. « Si es la Vita » dirait Mme Illier.
Toute la mâtinée se passe aux formalités de débarquement dans le salon des 1ères. J’attends tranquillement et j’ai la veine de ne pa faire de queue. J’ai un laissez-passer pour quelques jours. Je descend à terre et fais une petite queue pour obtenir des tickets d’alimentation. Décidément, les tickets poussent partout !
On boit une demi au « Protêt » avec Beaune qui va à Thiès forer des puits d’eau. Un de ses camarades arrive et nous indique un restaurant. On n’y mange pas très bien. On boit le digestif avec Mme Hardy. 20 francs le petit verre, bigre !
Toute l’après midi, je vais me promener dans la ville. Elle me paraît sympathique avec ses rues bordées de grands arbres (beaucoup de figuiers des pagodes). Les maisons ne sont pas hautes : une, deux étages au plus. On reconnaît à peine les magasins. Le café « Protêt » qui est paraît-il le principal est comme un café, pas riche, de province. La boisson est très chère… »