
Je me trouvais dans un compartiment de 3ème classe où je n’étais pas trop mal ; nous avons traversé toute la Normandie où nous avons vu ces vastes plaines où le foin était à peine ramassé. En passant à Caen on nous a délivré du café chaud, dans lequel le Calvados ne faisait pas défaut ; pour mon compte je n’ai pas bu beaucoup, le trouvant beaucoup trop fort. Après ça il fallait entendre les chansons dans tous les wagons. Partout nous étions acclamés par la foule qui était nombreuse dans les gares. J’ai écrit deux cartes dans le train que j’ai données aux employés des gares pour remettre à la poste.
Arrivé à Rouen, nous avons tardés quelques heures pour changer de ligne. Nous avons alors pris la ligne du Nord en passant par Amiens, Arras, Valenciennes, et sommes enfin arrivés à Maubeuge le dimanche matin 9 août 1914.
C’était notre destination.
Nous sommes donc descendus du train et sommes allés à la recherche de notre cantonnement, que nous avons trouvés à 1 ou 2 kilomètres de la ville, dans un faubourg appelé Douzies, sur la route de Valenciennes.
