
À partir de ce moment-là, nous étions en corvée, sous la surveillance directe d’une sentinelle, toujours. Nous étions tous les trois, Dupuy et puis Godenvallé (Nota : Traduction phonétique) et moi dans une ferme avec une sentinelle. Tous les trois avec une sentinelle toujours avec nous. Nous avons fait les foins dans cette ferme-là.
Et puis il n’y avait plus de travail et nous sommes retournés dans le bois, vers le mois de mai – juin, au moment où l’on faisait l’écorce. Et c’est de là que nous avons décidé encore de nouveau à partir.
Nous nous sommes entendus entre quatre : les deux de Guenod, moi et puis un autre breton qui était établi en Normandie (Nota : Il s’agit de Doriat) . Nous travaillions tous dans le même groupe.
Et le soir, la veille de partir, on s’est décidé à partir tous les quatre, mais en deux groupes : nous ne voulions pas partir tous les quatre ensemble parce qu’un groupe de quatre c’est plus facile à repérer que deux par deux. Nous avons donc tiré aux cartes, les deux magnes rouges partiront ensemble, les deux magnes noirs ensemble. (Nota : Les magnes sont les rois)
Le sort est arrivé : je suis tombé avec le magne rouge et le normand avec le magne rouge aussi. Nous sommes donc partis tous les deux ensemble et les deux de Guenod ensemble…