Alexandre, La grande évasion (11)

Là, on s’en va dans la direction de l’Ouest, toujours, et on arrive au bord de ce canal là mais qui était fangeux, un peu, où on s’enfonçait dedans, dans l’eau. On voyait bien l’eau devant nous, avec nos cannes, mais on ne pouvait pas aborder. Alors, on a cherché ; on l’a longé ; on a cherché un endroit plus convenable pour atteindre l’eau car on risquait de s’embourber là où nous étions.

Et en marchant dans la nuit, comme ça, au bord de l’eau, on tombe tout d’un coup sur un pont. On voyait la guérite de la sentinelle qui était en train de lire un journal dans sa guérite et qui nous voyait venir aussi puisque nous étions presque à côté de lui.

On ne s’est rien dit ni l’un à l’autre. On a continué tous les deux sans se rien dire, comme si de rien n’était. On a marché directement sur le pont en disant « Guten Abend » à la sentinelle. Il a levé un peu la tête et nous a dit « Guten Abend » également ; et nous sommes passés sur le pont.

Après avoir passé sur le pont, on voyait deux civils qui venaient de la ville et c’est eux qui nous ont dit « Guten Abend » les premiers. Voyant que nous avions passé sur le pont, il n’avaient rien à craindre, croyaient – ils !…

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