



« …Lever à 7 h le dimanche 4 octobre. Je pensais voir Rabat, mais nous sommes trop loin de la côte qu’on distingue à peine.
Pendant la messe, nous prenons la tête du convoi. Nous passons devant les autres bateaux et nous pouvons les voir tanguer, rouler, etc…il ne doit pas faire bon sur le petit aviso. Le « Congo » plonge aussi son avant dans la mer. Nous tanguons aussi, mais moins. Beaucoup de gens doivent être malades.
Au bout de quelques temps, le convoi a disparu à l’arrière. Nous approchons de Casablanca. Il houle un tantinet et le tangage se fait sentir.
Nous sommes devant Fedala, petit centre industriel. A la jumelle, on distingue Casa. Petit à petit, la ville apparaît.
Contrairement à Oran, la ville est plate, comme la côte d’ailleurs. Elle a l’air de s’étendre dur une très grande surface.
Tout d’abord, nous arrivons à hauteur du terrain d’aviation, étape de la grande ligne Mermoz (je demande un jour à faire le trajet en avion).
Puis ce sont les usines avec leurs cheminées. Nous distinguons le port. Un cargo est ancré à l’entrée. La digue, presque Nord-Sud, abrite une belle perspective de bateaux de guerre, croiseurs, torpilleurs, avisos, etc…
Un transport bouche le fond. un navire hôpital tout blanc, je crois que c’est le « Canada » est à quai à gauche.
Quelle est cette silhouette qui dépasse les hangars au loin, là-bas ? Je me renseigne : c’est la tourelle du « Jean-Bart », flanqué par l’arrière de sa cheminée coudée. Sa couleur jaune sombre me paraît bizarre.
Une bonne houle secoue l’entrée du port.
Une petite vedette glisse rapidement vers nous, montant sur le vagues et projetant des gerbes blanches d’embruns.
Un virage savant et la voilà qui nous accoste ; 3 personnes montent à bord. C’est la police de navigation. Une autre vedette moins racée nous accoste encore. Un homme monte à bord. La première vedette continue de faire des acrobaties à coté de nous. les deux marins qui sont à bord s’en donnent à coeur joie. Elle est épatante, cette petite vedette !
Nous entrons, la houle a cessé.
Nous passons comme pour une revue devant les bâtiments de guerre. Je distingue le « Prémanquet ». Deux remorqueurs nous harponnent pour nous faire accoster entre le « Djenné », un paquebot de Marseille, et un gros cargo.
Finalement, nous sommes à quai vers 11 h.
A terre, on place des barrières, des gens remuent en tous sens. Des arabes attendent de monter à bord. Nous avons l’air bien gardés. Voilà que les porteurs se précipitent. les gens à destination de Casa descendent. Des porteurs s’engueulent mutuellement. La coupée est noire de monde. Des gens s’interpellent entre le quai et les différents ponts. On se donne des rendez-vous. Le …? qu’on aperçoit au loin rassemblera beaucoup de gens à ce que j’entends. Puis vient l’heure du déjeuner.
Elle tardait car j’ai bigrement faim… »