
« …On a encore retardé le départ du bateau. En sortant hier midi, il était fixé au 30 à minuit. Maintenant c’est le 1er à 8 h. Je me lève de bonne heure mais inutile d’essayer de monter en ville chercher le tabac. Nous attendons patiemment le départ.
Il n’y a pas de nouveaux passagers à bord, du moins je le crois.
Nous décollons du quai vers 10 h. Il fait une chaleur étouffante. Avant-hier, il faisait encore plus chaud, je crois. Il soufflait comme aujourd’hui un vent de terre : le sirocco paraît-il et comme aujourd’hui encore, le temps était brouillé et comme plein de poussière.
Nous contournons la digue et le doux balancement recommence. Je voulais prendre une photo de la ville prise de la mer, mais c’est impossible à cause de cette espèce de brume.
Nous prenons la route de l’ouest et passons devant Mers-El-Kébir.
Il est l’heure de déjeuner.
Après avoir bien mangé je retourne sur le pont et je m’aperçois que nus avons rejoins le convoi. Il est composé de deux cargos : le « Congo » et le « St-Louis ». Le petit jouet d’aviso, « Gracieuse », est notre escorteur. Tout le monde se dit : « que ferait ce petit aviso au cas où les anglais nous en voudraient ? ». Il est sûrement là pour la forme.
Je m’allonge dans un transat. Puis je fais un bridge jusqu’à 6 h. L’après midi passe vite ainsi. Après dîner je me promène sur le pont et vais le coucher vers 10 h 1/2… »