Alexandre, La grande évasion (17)

Et en débarquant du bateau à Boulogne, on passait dans une espèce de tunnel. On passait un par un ; on était triés là. Sans doute on avait été signalés comme deux suspects à Folkestone, et en arrivant il y avait des gendarmes qui étaient à l’autre bout du tunnel, qui nous attendaient.

Quand on est entrés dans le tunnel, on les entend dire : « Ah, les voilà, les voilà ! ». Les « voilà », c’étaient nous. On a été arrêtés tout de suite en sortant du tunnel et conduits au commissariat de police. Mais là nous ne sommes pas restés longtemps. Quand nous avons montré nos passeports, tout de suite on nous a laissé.

Et on nous a dirigés sur Paris au ministère de la guerre où on a fait un rapport, une sorte de compte rendu : on nous a questionnés sur notre évasion, sur les camps en Allemagne, sur la moisson, sur tout ce qui se passait en Allemagne ; tout ce que nous pouvions avoir vu en Allemagne.

Et, après, on s’est séparés. On s’est séparé sur la place des Invalides, par là.

Lui, il venait à Saumur, qui était son régiment d’attache et moi, c’était Cherbourg , j’étais dans la 31ème coloniale.

Nous nous sommes séparés là comme deux imbéciles, sans nous donner notre adresse l’un à l’autre.

On s’est aperçu de ça après mais c’était trop tard, on était parti.

Je l’ai revu après, en Bretagne…

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