
« …Le mardi 29 septembre, je me lève de bonne heure mais sort assez tard. À 10h 1/2, je suis en ville. Je me promène dans les rue. Cette ville est mal faite. Il y a pourtant de beaux immeubles mais les rues sont mal dessinées et il n’ a pas beaucoup de magasins.
Je vais expédier mon courrier à la poste qui n’est pas mal du tout. Je remarque que les palmiers sont plutôt gris ici. Il y a une impression de poussière un peu partout.
Les tramways sont pittoresques aussi. Je ne m’hasarde pas car je crains les petites bêtes. C’est la première fois aussi que je vois des autobus électriques. Je vais faire un tout à Prisunic. Il y a une profusion de marchandises. Ce qui est pourtant le mieux, ce sont les vendeuses qui sont toutes pas mal.
Je redescends au port car il est l’heure de déjeuner. Je ressors vers 2 h avec la bande mais je la quitte car elle va je ne sais où. J’achète quelques affaires et j’ai la surprise de tomber sur un camarade de Glomel. C’est Jouan qui est ici dans la douane depuis 4 ans 1/2. Il en a par dessus la tête de ce pays et n’aspire qu’à partir. Comme de juste, nous buvons un verre puis il va à son travail.
Je flâne dans les rues. Décidément, la ville ne me plaît pas. Je m’amuse à examiner les indigènes. Les femmes sont toutes habillées de blanc et voilées (on ne leur voit qu’un oeil) et ne sont pas très nombreuses. Souvent je m’aperçois qu’elles tiennent leur voile par les dents. Les indigènes mâles sont malpropres en général.
Je ne suis pas allé faire un tour dans la ville indigène. Je regrette un peu malgré qu’il y ait le typhus. Mais à tous bouts de champs on rencontre des indigènes en loque, dormant sur le trottoir, couverts de mouches.
À 6 h, je rentre et passe devant le départ des cars. Il y en a une file ! Tous pareils et pleins d’indigènes. En rentrant au bateau, j’ai la surprise plutôt désagréable de voir la dernière limite de rentrée à bord retardée. Elle était fixée à minuit, ce soir. Maintenant c’est à 8 h demain matin. Après dîner, je vais faire un tout au dessus du port et je me couche à 10 h… »