Alexandre, La grande évasion (6)

Au printemps de 1916, vers le mois d’avril, comme nous étions huit ou neuf dans un même quartier, on avait décidé de partir.

Comme nous étions sur la rive gauche du Rhin, nous n’avions pas le Rhin à traverser pour revenir en Bretagne. On s’était décidé, comme ça, un peu à la légère, de partir.

Mais on avait trop ébruité la chose ; les allemands sont arrivés à le savoir et sont venus nous arrêter la veille du départ, en pleine nuit.

Comme nous n’étions pas partis, ils ne pouvaient pas dire que nous étions réellement évadés et ils ne pouvaient pas nous emmener dans un camp de représailles. Et ils nous ont condamné à trois jours de prison – trois jours de cellule – que l’on passait l’un après l’autre dans une brasserie, à côté des cheminées de la brasserie, dans un endroit très étroit, à chacun son tour : il n’y avait de la place que pour un…

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